10 mai

Holden, de l’essentiel aux inédits

Déjà plus de dix années de présence sur la scène française et quatre albums plus accrocheurs les uns que les autres. Dix ans déjà que Holden enchante et fascine, – trop – loin des premières pages des magazines spécialisés. Un groupe à (re)découvrir le long d’un double album essentiel.

Deux ans après la sortie du très remarqué (et remarquable) Fantomatisme, Armelle Pioline et Mocke se décident à sortir de leur retraite pour nous présenter  un double album rétrospectif d’une carrière déjà bien remplie. La première galette compile de manière très classique 14 titres qui ont fait les beaux jours du groupe. On peut citer au hasard le très cafardeux Ce que je suis, Madrid et ses allées en stuc ou encore L’essentiel qui donne son titre à l’album ici présent. Rien de bien neuf donc pour les habitués, mais une porte d’entrée intéressante pour tous ceux qui ne demandent qu’à plonger dans la musique et les mots contrastés du groupe français.

Plus surprenant par contre, le deuxième CD est quant à lui composé exclusivement d’inédits. On y retrouve des titres enregistrés dès leurs débuts où la langue anglaise était encore fortement utilisée dans l’écriture des textes. Mike Harvey par exemple démontre pleinement l’influence très rock du groupe (on pense évidemment au Velvet Undergroud) tout comme la reprise d’un titre des Smiths (The boy with the thorn in his side) traduit à merveille les délicats espaces mélancoliques chers au duo. Outre ces démos et faces B, les Parisiens nous proposent également le très raffiné 1001 femmes enregistré pour les besoins du film Le bal des actrices (Maïwenn Le Besco, 2009) et chanté par Romane Bohringer.

Entre rock et influences d’un certain jazz classique, les petits mondes pop d’Holden naviguent en apesanteur comme portés par la voix chaude et bienveillante d’Armelle. Elle y chante un quotidien fait d’images glanées au jour le jour, d’impressions et sentiments variés. L’ordinaire y devient dès lors poétique et mystérieux, doux-amer, empli de couleurs et de nuances qui singularisent leur univers.

À la fois très accessibles et diablement bien foutues, les chansons d’Holden font preuve d’une grande maturité aussi bien musicale que littéraire. Cette double récréation aux allures de récompense laisse augurer le meilleur pour l’avenir du groupe que l’on espère encore long et prolifique.

Michaël Avenia

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