17 mai

Concert – Un vendredi 13 au Botanique

Un vendredi soir printanier, vendredi 13 de surcroît qui nous assure au moins de ne pas croiser de superstitieux dans l’assemblée. Et celle-ci était plutôt joliment garnie pour écouter à tour de rôle Stéphanie Crayencour, Bertrand Belin et Florent Marchet venus partager sur la scène de l’Orangerie leurs plus belles compositions.

Et c’est la jeune actrice-chanteuse belge qui a eu l’honneur de lancer cette soirée placée sous le signe de la francophonie musicale. Accompagnée sur scène de son acolyte Saule (qui, pour rappel, a composé et produit l’album de la jeune Uccloise) et du reste de sa bande, elle n’a pas manqué de rassurer tous ceux qui sont restés sous le charme de son premier opus.  Trois quarts d’heure durant, elle a pleinement assumé son univers pop cotonneux quoique pas toujours sage. Une prestation sans grande surprise, certes, mais qui aura ravi un large public.

Changement radical avec la montée sur scène de Bertrand Belin. De sa voix grave et suave, il a réussi sans grand effort à hypnotiser le public avec ses chansons au charme discret. A l’image de son dernier album (Hypernuit, chroniqué ici même), sa prestation fut magique et enivrante. Quelques mots au public comme pour lui rappeler qu’il ne rêve pas et la musique reprend de plus belle. Comme en apesanteur, ses morceaux nous emmènent loin du plancher des vaches, la tête dans ses étoile et l’âme ailleurs. Seule ombre au tableau, le rappel tant attendu qui n’est jamais venu. Le réveil fut donc brusque et brutal. On aurait voulu ne jamais sortir de cette torpeur musicale.

Pour clôturer en beauté cette soirée, Florent Marchet avait habillé la scène d’une magnifique peau d’ours (celle-là même qui trône sur la pochette de son dernier album) et s’était lui-même vêtu d’un splendide débardeur jacquard du plus bel effet. Tout en ironie et en second degré, il a égrainé ses chansons qui fleurent bon les jours d’antan. Entre deux envolées musicales, il a pris le temps de mettre l’assistance dans sa poche en mettant en scène quelques intermèdes drolatiques assez réussis. Sa performance globale fut plutôt réussie même si on peut lui reprocher le côté un peu redondant de ses compositions. Mais ne lui en tenons pas rigueur car dans l’ensemble sa prestation fut inversement proportionnelle à sa taille et à son bon goût vestimentaire.

Une fois les lumières rallumées, un constat s’impose : la soirée fut réussie. Trois concerts et trois approches différentes de ce que peut être la chanson française de nos jours. Malgré la frustration de n’avoir pu profiter un peu plus de la présence de Bertrand Belin, ce vendredi 13 fut plutôt chanceux.

Michaël Avenia

Ajouter un Commentaire

Votre e-mail n'est jamais publié ou partagé. Les champs obligatoires sont marqués par un *

*
*