Le fond de l'air est french ! » Quinze albums francophones de 2012 à ne pas manquer
05 avr

Quinze albums francophones de 2012 à ne pas manquer

Alors que 2013 file à toute allure,  nous (l’équipe du Fond de l’air est french et les spécialistes « Chanson » de l’asbl PointCulture) vous faisons enfin part de nos coups de cœur 2012.

Marie-Pierre Arthur : « Aux alentours » (Simone Records, 2012)
La québécoise Marie-Pierre Arthur, dont la voix fait fort penser à sa concitoyenne Cœur de Pirate, présente ici son deuxième opus. La chanteuse déroule avec une aisance toute naturelle dix morceaux marqués par une légèreté pop mais également par un aspect téméraire très séduisant. Elle n’hésite pas à aller piocher dans d’autres univers comme le gospel ou encore le post-rock. Ces sorties de route donnent une dimension intéressante et originale à ce disque qui s’avère captivant de bout en bout. (AM)

Barbarie Boxon : « Par trois par deux partout » (Autoproduction, 2012)
Premier EP pour Barbarie Boxon, alias Barbara Malter-Terrada et Thierry Bodson. Et disons-le d’emblée, c’est un petit bijou ! Il faut dire que les amoureux ne laissent rien au hasard. Ils jonglent avec la langue avec un naturel déconcertant. Tout en faisant sens, les mots ici sont l’essence du son et de l’émotion. C’est un véritable feu d’artifice stylistique : inventaire, allitérations, glissements de sens… La musique est une invitation permanente au voyage : rythmes du monde, bossa nova, étrange complainte, blues à vif. Le tout dans une aura de ‘cabaret chanson’ qui n’a rien de rétro. Quant aux arrangements de Gilles Mortio, ils sont tout simplement sublimes, réussissant l’équilibre parfait entre harmonisation, groove et expérimentations. Du grand art. (GD)

Mathieu Boogaerts : « Mathieu Boogaerts » (Tôt ou tard, 2012)
Après l’expérience riche de l’album I LOVE YOU (2008) où chaque titre était composé en partant de la batterie, Mathieu Boogaerts revient avec 12 chansons composées le plus naturellement du monde, la guitare en bandoulière. On se rapproche de son album MICHEL (2005), en moins intimiste. Ce nouvel opus regorge de perles comme le groovy « On dirait qu’ça pleut » ou la chanson-phare « Avant que je m’ennuie » où la poésie faussement naïve et épurée de l’artiste n’a jamais été aussi directement touchante. Boogaerts n’a rien perdu de sa fraîcheur. Il a même gagné en maturité dans sa manière de la transmettre. Cet album très inspiré est ce qu’il a fait de plus généreux à ce jour. (GD)

Jean-Daniel Botta : « Ammi.Majus : Grand Goûter » (Le Saule, 2012)
Ah ! Que ce disque fleure bon les déjeuners sur l’herbe sauvage ! Les coins d’ombre y sentent le chaud des cachettes. Les rais de clartés diffusent leurs mystères, intacts. Balade acoustique et épurée aux sons de la guitare, maîtresse fidèle du chanteur. Une pluie de cordes rafraichissantes dont Jean-Daniel Botta détient les ficelles à sa manière, de son toucher fin, créant une folk song soyeuse aux déhanchements de danseuse africaine. Une fois mise en bouche, cette galette se déguste sans fin. La toute poésie qui s’en dégage ne s’explique pas. Pour créer ses courtes pièces, l’auteur élague, fauche l’ivraie pour ne garder que l’ivresse des images inattendues. Simple et sophistiquée, la chanson de Jean-Daniel Botta demande qu’on y revienne souvent pour en déceler tous les goûts. (GD)

Barbara Carlotti : « L’amour, l’argent, le vent » (Atmosphériques, 2012)
L’AMOUR, L’ARGENT, LE VENT est le troisième album de la chanteuse Barbara Carlotti. On retrouve la voix grave et soyeuse de la diva, ainsi que ses mélodies enchanteresses. L’œuvre se montre plus orchestrale que ses précédents volets comme dans « Nuit sans lune » intimiste et sensible avec de jolies résonances de sitar, « L’avenir » composé lors son voyage au Japon et construit comme une chanson pour geisha au son du Koto, «14 ans » à l’univers festif mode années 80 rythmé sur des sons de claviers, de chœurs et de guitares. Il en ressort un album créatif avec une impression de sons travaillés à l’extrême. (CL)

Éloïse Decazes et Eric Chenaux : « Eloïse Decazes et Eric Chenaux » (Okraïna, 2012)
La chanteuse Éloïse Decazes (ARLT) se réapproprie, dans ce très joli LP, quatre grands classiques traditionnels français et deux reprises se situant dans le même esprit. Ces ‘terribles’ textes ont en commun d’être chargés d’une émotion qui relève de l’étrange et de mettre en avant la cruauté et la folie des hommes. Éloïse transcende ces sombres joyaux de son chant si caractéristique qui s’installe délicatement dans l’écrin de nos oreilles, avec une précision lyrique et une certaine préciosité bien sentie qui ne trahit en rien l’authenticité de sa démarche. Elle est accompagnée pour l’occasion par Éric Chenaux, guitariste incontournable de la scène folk et avant-gardiste. Un disque enivrant qui tend à immobiliser le temps au travers d’une interprétation sobre qui ose s’étirer pleinement. (GD)

Fredda : « L’ancolie » (Traffix Music, 2012)
Avec ce troisième album, la chanteuse française Fredda (Frédérique Dastrevigne) nous offre une fantastique ballade folk remplie de souvenirs d’été. Moins jazzy que TOUTES MES AVENTURES et nettement plus américain que MARSHMALLOW, on y retrouve l’esprit sixties de RADIOMATIC, au travers d’une ambiance plus douce et chaleureuse. Une orchestration dépouillée, des airs de blues et de rumba permettent à la voix fragile de la demoiselle de prendre toute son ampleur à l’image de la fleur du même nom. (CL)

Arthur H. & Nicolas Repac : « L’or noir » (Mystic Rumba, 2012)
L’OR NOIR est un projet mettant à l’honneur les poètes contemporains de la Caraïbe francophone. C’est dans une ambiance moite et tropicale qu’Arthur H récite des poèmes africains (Aimé Césaire), haïtiens (René Depestre, James Noël, Dany Laferrière) ou antillais (Édouard Glissant, Daniel Maximin). L’habillage sonore de Nicolas Repac, destiné à rendre ces déclamations plus « digestes », entre en parfaite synergie avec la voix rauque et intrigante d’Arthur H. Un projet ambitieux qui rend cette poésie légère, agréable et définitivement passionnante. (AM)

Antoine Hénaut : « 36.000 » (30 Février, 2012)
Ce jeune auteur et compositeur belge chante des moments de la vie quotidienne avec poésie et humour, une voix sensuelle et chaleureuse ainsi que des jeux de mots qui font penser à Thomas Fersen comme par exemple dans les titres « Elle», « Dilemme » ou « Les gens comme toi ». On retrouve chez ce jeune garçon, une musique de type spectacle et un côté clown sensible et maladroit qui provient sans doute du fait que sa famille est issue du milieu du cirque. Bel exercice de voltige pour ce nouvel espoir de la scène belge avec ce disque joyeux et coloré ! (CL)

Isabeau et les chercheurs d’or : « Isabeau et les chercheurs d’or » (Nomade, 2012)
Véritables filons d’or, les québécois d’Isabeau et les chercheurs d’or nous proposent un univers western rétro laissant découvrir des arrangements efficaces et un amour pour les sons acoustiques. Le style du quintet fonde ses bases sur une musique country traditionnelle nourrie d’influences pop, bluegrass et folk. La voix puissante, pétillante et chaleureuse d’Isabeau se marie à merveille avec cette ambiance festive énergique et puissante. (CL)

Lisa Leblanc : « Lisa Leblanc » (Bonsound, 2012)
Lisa Leblanc se plait à dire qu’elle pratique de la « trash folk ». On ne peut que lui donner raison à l’écoute de ce premier album éponyme signé chez Bonsound et produit par Jean-Louis Cormier (Karkwa). Dans ses chansons souvent dominées par un banjo sale mais entêtant, elle décrit sa misérable condition humaine avec beaucoup d’humour et un accent québécois à couper au couteau. La production rugueuse est tout à fait à propos et parvient à mettre en avant l’authenticité de la jeune femme. Elle sait aussi se montrer sensible sur des titres plus épurés comme « Juste parce que je peux » ou « Aujourd’hui ma vie c’est de la marde » qui amènent un contraste bienvenu et font de ce premier essai un disque riche et terriblement personnel. (AM)

La Mordue : « La Mordue » (Spherware, 2012)
Premier essai pour Caroline Varlet dite La Mordue. Véritable chanteuse à texte qui sait manier l’accordéon, elle ne mâche pas ses mots et dresse un tableau incisif sur des thèmes tel que l’amour, la société ou les relations homme/femme. Accompagnée par François Guernier dit Tichot, elle dévoile un disque à l’ambiance pop rock avec des chansons de style réaliste et une orchestration raffinée. La Mordue, c’est une voix chaleureuse et fragile, un univers féminin sensible et tendre comme dans «Petite femme », des révoltes et des coups de gueule comme dans «Les plus intelligents des hommes », un regard lucide et cruel sur la vie comme dans «Plus je prends des kilos », et c’est aussi une dose d’autodérision dans « Mes nénés », avec une quantité de moments pour rire d’elle-même. (CL)

Céline Ollivier : « La femme à l’éventail » (F2FMUSIC, 2012)
Premier album pour l’ancienne guitariste et chanteuse du groupe Maximum Kouette qui se fait cette fois auteur compositeur et interprète. Pour cet album pop aux sonorités latines, elle s’entoure de Benjamin Brion à la guitare et au chant, de Martin Gamet pour les arrangements et de Stéphane Prin pour le mixage. Le contenu est rempli d’instants choisis et de portraits de femmes comme « Alice », « la femme à l’éventail » ou « A ta manière » qui se montrent féminins et poétiques. La demoiselle charme avec un timbre de voix délicat, une écriture piquante et des mélodies qui se fredonnent aisément. (CL)

R.Wan : « Peau rouge » (Wagram Music, 2012)
Troisième essai solo pour R.WAN, l’ancien chanteur du groupe Java. Celui qui se présentait comme le porte-drapeau du « rap musette » ne manque pas d’idées sur PEAU ROUGE, disque dense et hétéroclite. Sa plume acérée et engagée parvient avec finesse à dénoncer tout en faisant sourire l’auditeur. Musicalement, on reste dans un mélange indéfinissable à situer entre hip-hop, slam, musette, le tout avec une énergie rock, voire punk. Entre guitares et cuivres, R.Wan parvient à susciter l’émotion avec une recette délirante mais pourtant homogène. Un artiste définitivement à part sur la scène française. (AM)

Têtes de chien : « Portraits d’hommes » (Frémeaux & Associés, 2012)

Ces quatre joyeux troubadours à la voix envoûtante et puissante revisitent les chants traditionnels « a cappella » avec humour et poésie, dans un style festif nourri de diverses influences entre musique médiévale, folklore et musique du monde. Les arrangements polyphoniques façonnent des sons étranges à la fois profonds, mystiques et authentiques. Tantôt, on les entend murmurer, tapoter ou encore aboyer. Les quinze chansons s’articulent en histoires goguenardes et exploitent la vie quotidienne des contes et légendes de nos ancêtres. Une œuvre magique de qualité où l’on reste véritablement scotché ! (CL)

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