06 fév

Louis Chedid – On ne dit jamais assez aux chanteurs qu’on aime…

Ca ne fait pas si longtemps que je connais la musique de Louis Chedid. Depuis qu’on a un jour dit qu’il faisait partie de mes influences, je me suis penché sur son cas. Certes, je connaissais « Papillon », « T’as beau pas être beau » etc… mais connaître un artiste, c’est plus que ça.

Il y a donc, 7 ou 8 ans, je gagne une place pour aller le voir au Cirque Royal lors de la tournée du très beau Bouc Bel Air, même si un tantinet surchargé en cordes dégoulinantes. C’est là que tout a basculé!

Depuis, découvrir un nouvel album de Louis Chedid, c’est retrouver un vieux copain, un grand frère , ou celui qu’on aime pour ses qualités mais aussi ses défauts, tics et faiblesses. Ne dit-on pas que là se trouve le véritable amour, passé « le bleu de nos baisers du début »?


En écoutant l’album « On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime », ce qui frappe à la première écoute, c’est cette simplicité, ce soucis de l’évidence, de l’épure de mots et de sons. Ne vous attendez pas à un disque d’une originalité détonnante! Chedid est au-delà de ça! Alors que le fiston pousse le gag jusqu’à se déguiser en péruche sur son dernier live, le paternel choisit le chemin de l’esthétique naturelle, celle qui ne masque pas les défauts. Il y a d’abord cette voix, LA voix! A croire que les cordes vocales de notre sexa bonifient de décennie en décennie. Puis il y a ce son! La proximité de la prise de voix nous laisse entrevoir ses défauts qui ne la rendent que plus humaine, les guitares sont chaleureuses et ces 11 chansons aux mélodies fortes s’écoulent durant 40 minutes sans la moindre faiblesse. Ceux qui le voyaient déjà à ranger dans les « vieux chanteurs déclassés », lors de l’album assez moyen « Un ange passe », peuvent en effet passer leur chemin. L’aventure « Le soldat rose » lui aurait-il donné une cure de jouvence? Ou est-ce « l’elixir » de « Mister Mystère »? Quoi qu’il en soit, c’est du Chedid de premier choix! Après le tout bon dernier album du fiston, mixé par le père, on dirait que les Chedid ne sont jamais aussi bon que lorsqu’ils travaillent ensemble. Car l’album est enregistré ainsi: à deux sauf sur un ou deux titres. Ca me fait justement penser à Sir Mc Cartney qui a bien souvent sorti ses chef d’oeuvres en petite équipe, voire tout seul (Band on the Run, Chaos and creation in the Back years…etc)

Et il y a aussi les textes: sous une apparence naïve, ils sont d’une simplicité touchante, grâce au chant cool, subtil et délicat de Chedid. C’était pourtant pas gagné: choisir comme titre d’album « On ne de dit jamais assez aux gens qu’on aime », fallait oser! Pour ma part, ce genre de phrase bateau sortie tout droit d’un album de variété insipide me fait peur. Et pourtant, ça fonctionne!! Et si la force des grands n’était pas justement là? Trouver le mot simple en parfait équilibre sur le fil d’une mélodie qui s’écoute sans la moindre faiblesse? Même quand il chante « Voilà pourquoi je continuerai à parler d’amour», sur le titre qui clos l’album, c’est touchant par la force de la mélodie évidente mais pas banale et par la justesse d’interprétation! C’est du 100% pur jus de Chedid, un peu à la façon de Mc Cartney sur un titre comme « My love » qu’il chantait avec les Wings pour Linda. La toute grande classe. Faites chanter la même chose par Lara Fabian, sur une musique d’Obispo, et on est carrément dans la variétoche ringarde et du plus mauvais goût.

Chedid est décidément un conteur, un diseur, un grand frère indispensable pour nous réchauffer durant la noirceur de l’hiver. Louis Chedid nous propose 11 perles à écouter durant ces longues soirées de ce début 2011. Merci Monsieur Chedid!

Guillaume Ledent

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