27 avr

Le fond de l’air est french : pourquoi ?

La Médiathèque se lance aujourd’hui avec bonheur dans cette aventure rédactionnelle et s’engage à faire découvrir de nombreux talents issus de toute la francophonie, tout en accordant une importance particulière à ce qui se fait de plus intéressant en la matière en Belgique.

Ce projet de mettre sur pied un webzine belge critique sur la chanson francophone est né de plusieurs constatations.

Mal informés

Les magazines traitant de la chanson francophone dans toute sa diversité se font rares. En 2009, le magazine français CHORUS – Les Cahiers de la chanson a dû arrêter sa publication après son numéro 68 (été 2009). En Belgique, nous avions le magazine UNE AUTRE CHANSON qui, n’ayant jamais su se renouveler, est mort quelques années auparavant. En tout et pour tout, parmi les publications « papier » de qualité s’intéressant de près à la chanson francophone, il ne reste plus que les magazines français FRANCOFANS, LONGUEUR D’ONDES et le tout récent SERGE qui ne sont pas distribués en Belgique. Bref, nous voilà bien mal informés. Bien sûr, on peut se tourner vers les webzines et les blogs. Mais, la Belgique francophone reste très discrète sur le web aussi.

C’est ce déficit qu’entend atténuer la Médiathèque en lançant LE FOND DE L’AIR EST FRENCH, un nouveau webzine consacré à toutes les manières de s’exprimer en chantant français. Sans se plier à l’impératif du dernier phénomène (buzz) mais en accordant à la chanson le recul et la réflexion qu’elle mérite pour appréhender au mieux ce qui s’y passe, maintenant, hier et demain.

Chanson « poussiéreuse » et  nouveaux chemins

Cette crise que traverse la presse spécialisée « chanson » ne vient pas de nulle part. Certes, pour se documenter ou récolter des avis critiques, les gens se tournent de plus en plus exclusivement vers le net. Mais, la chanson en français  rencontre un problème bien plus important. Elle est de plus en plus délaissée par les pouvoirs publics qui la jugent trop « poussiéreuse » et lui préfèrent le rock, les musiques urbaines, le jazz, …. Les festivals et petits lieux qui se consacrent à diffuser de la chanson ont de moins en moins de soutien financier. Les tremplins (concours) ont du mal à rebondir.

C’est vrai qu’une partie de la production « chanson » est tournée vers le passé et ne cherche pas à se réinventer. Et, il faut bien avouer que cette chanson-là qui est sans aucun doute pleine de bonnes intentions au départ est souvent désolante d’un point de vue artistique. Mais, qu’en est-il des autres « chansons », celles qui empruntent des nouveaux chemins en puisant aussi bien dans le passé que dans le chaudron des musiques actuelles, celles qui cherchent à (se) surprendre, tant sur la forme que sur le fond, avec de réelles ambitions artistiques (au pluriel). Ce serait bien dommage de passer à côté !

Guillaume Duthoit

5 Commentaires

  1. 1
    Eddy
    22 avril 2011 à 7 h 34 min
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    Je viens de passer 6 mois au Québec. Ce qui manque ici, c’est la diversité des genres en français qui existe là-bas. Ils chantent tous les styles en français!!! De fait, la vraie francophonie est au Québec, pas en France, encore moins en Belgique. mais il faut aller y voir pour s’en rendre compte.
    Bravo pour l’initiative en tout cas.

  2. 2
    gullygurdy
    22 avril 2011 à 12 h 34 min
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    C’est sûr qu’au Québec il y a un réel soutien du politique et du public pour toutes les initiatives exprimées en français. De plus, ils essayent de privilégier un maximum leurs artistes. Ceci dit, la diversité des genres en Belgique (en France aussi) existe. On s’en aperçoit au travers des concours comme Musique à la Française. Mais, les moyens de production-diffusion sont très faibles. En Belgique, on se doit de défendre l’expression francophone, mais en sommes-nous fiers ?

  3. 3
    Peeters
    23 avril 2011 à 15 h 29 min
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    Excellente initiative de défendre et/ou faire connaître la chanson francophone, mais un peu stupide de mettre « french » dans le titre!!! Pas encore assez d’anglomanie? Enfin, ça n’enlève rien à l’excellence de l’initiative!

  4. 4
    gullygurdy
    2 mai 2011 à 8 h 06 min
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    Je me doutais bien qu’il y aurait des critiques concernant l’utilisation du terme « french » ! Ceci dit, l’idée de ce webzine n’est pas de défendre une langue « contre » d’autres langues. C’est un webzine qui parle d’artistes qui s’expriment en français, ok. Mais, ce n’est qu’une langue parmi d’autres. Ne soyons pas trop chauvins ! Le français est une belle langue que les plus grands comme Trenet, Gainsbourg ou Souchon ont perverti cherchant à la rendre moderne (utilisation de mots en anglais, de noms de personnes célèbres, de marques, …), par amour de la langue et des jeux avec la langue ! Et puis, l’appellation « chanson française » est, non seulement très chauvine (elle est avant tout synonyme de « chanson de France » ! Et la Suisse, le Québec, la Belgique là-dedans ???) mais en plus elle rebute un grand nombre de gens, car elle est associée à une certaine « chanson en français » jugée poussiéreuse. Et, il y a tant d’autres « chansons en français » à découvrir. Certains les appellent « rock français », « pop à la française », « nouvelle chanson française », « chanson moderne », … Autant d’appellations qui traduisent le malaise que dégage l’étiquette « chanson française » ! Alors, pourquoi ne pas jouer avec humour sur l’ambiguïté du mot « french » !

  5. 5
    Ramon
    15 mai 2011 à 0 h 15 min
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    Eh ben , non, je pense pas que le fond de l’air il est français. Plutôt anglo-saxon, et certainement américain. Ceci pour deux raisons: 1° l’industrie du disque reste majoritairement une industrie aux moyens de productions made in U.S.A, les normes sont anglo-saxonnes, et 2° pendant les dernières décennies (depuis 1960 en gros) les musiciens anglo-saxonx ( gB + Us) sont bien plus performants et créatifs, que ne le sont les musiciens français, suffit de voir comment depuis la vague pop-rock » -en gros les années 60, la France nous a servi (notamment avec « Salut les Copains ») tous les tubes commerciaux U.S avec sous-titrage en version locale, de Johnny à Sheila et France Gall en passant pas Nana Mouskouri, version symphonique. Les seuls à y échapper : Jacques Dutronc, un précurseur? Et puis il y a les autres, comme le dit Jacques Brel : ceux de la chanson à texte(de Prévert, Aragon etc)avec un Léo Ferré, un Félix Leclercq, un Béranger… et des atypiques comme Salvador, Gainsbar. De sacrées bonnes femmes comme Gréco,Barbara ou encore Colette Magny… Mais franchement, si le texte -qui est ici prédominant et se fait message- émeut, on peut pas en dire autant des musiques… En fait je pense pas que le français et sa culture, très cartésienne, polémiqe, politique… soit une langue très chantante ni très musicale. C’est vrai que les choses ont bougé depuis les années 1980-90, et qu’il y a eu un renouveau, avec des marginaux atypiques, de nouvelles musiques, et surtout une nouvelle manière de « faire » de la musique, cela va de Thiéfaine à Fersen, en passant par des Manu Chao, les Ogres de Barback et autres symapthiques fêlés du Sud ouest dont j’oublie le nom… Voilà pour la « nouvelle vague ». Mais cela n’empêche qu’en gros, le rouleau compresseur anglo-saxon est toujours le plus efficace en matière de production, do studio, de « son » et souvent, de musicalité, pour ce qui est de la musique « pop » + ou – commerciale, celle qui « passe à la radio ».

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